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Pourquoi la vision de Benoist Apparu sur l’orientation est inadaptée

Posted by Viviane Micaud sur 28 mai 2009

Les propositions de M. Benoist Apparu montrent  qu’il a une compréhension totalement fausse de la manière dont un jeune s’oriente.

Toute méthode d’orientation qui consiste à stigmatiser les élèves sur leur niveau acquis et organiser un tri uniquement sur ce critère à des conséquences dramatiques : nous le savons

La difficulté du lycée est l’organisation de la diversité des parcours. Il est totalement impossible d’imager un enseignement unique après le collège, à cause de la diversité des élèves dans leurs acquis, dans leur maturité par rapport à leur projet de vie d’adulte et dans leur volonté de réussir scolairement. Toutes les expériences à l’étranger ont été des fiascos monumentaux (Italie, Finlande et je suis sure qu’en cherchant on en retrouvera d’autres).

En conséquence les jeunes ont après la troisième le choix dans  un panel de choix de « formation », dont les prerequis (connaissance, méthodologie de travail, courage vis-à-vis de l’effort scolaire) pour avoir une chance raisonnable réussir sont variés, les possibilités de continuer les études après également. (formation au sens de filières et possibilités de choix).

 La conséquence est, que sauf pour les très bons élèves, les choix sont réduits à ceux que l’élève peut réussir.

Certains groupes d’intérêt irresponsables crient à l’injustice et proposent de ne pas prendre en compte ce fait et organiser des cours de soutiens pour permettre à tous les élèves de tout faire. Soyons réalistes. Les cours de soutien c’est bien pour les faiblesses pas pour les lacunes généralisées. N’allons pas dans la facilité qui consiste à la flatter les parents et nier la réalité. Et acceptons le : Après la troisième en fonction des acquis (connaissance, compétence, méthodologies de travail, appétences devant les études, etc .)  des formations sont ouvertes, d’autres complètement fermées, d’autres possibles avec un effort particulier. Il faut que chaque élève se construise un avenir positif, à partir de toutes ces possibilités.  Il y a des bacs pros qui conduisent à des CDI pour 80% des élèves dès le diplôme et des formations bac+8 au chômage pour 80% des diplômés après 3 ans. Par ailleurs, nous devons insister pour mettre en place de vraies passerelles chaque fois que c’est faisable.

 Ce fait a une conséquence inévitable : une hiérarchie implicite des formations qu’il faut éviter de rendre explicite, sans nier la réalité : après telle filière tu pourras aller là et là et après telle autre tu pourras aller là et là. Par contre, il y a aucun moyen de supprimer la hiérarchisation implicite des filières car elle est « fonctionnel », c’est-à-dire qu’elle existe parce que toutes formations a des prérequis pour que l’élève ait une chance raisonnable de la réussir. Toutes les solutions qui sont basées par la suppression de la hiérarchie implicite des formations, sont portées, soit  par des incompétents, soit par des gens malsains dont le but est de créer du malaise pour des raisons de pouvoir.  Malheureusement, mon expérience montre que c’est souvent le deuxième cas.

 

Par contre, avec une sensibilisation aux métiers, aux domaines de métiers, à la réalité de la vie d’adulte, en donnant envie aux jeunes de se projeter dans le futur, il est possible de faire des choix positifs en acceptant ses limites (ponctuelles. Il est toujours possible de rebondir).

Pour cela, il faut  :

–          Eviter les situations où seuls les nuls réfléchissent à l’orientation.  (là où l’orientation vers l’enseignement professionnel se passe bien sont les collèges où tous les élèves réfléchissent au domaine dans lequel il aurait envie de travailler, puis en fonction de ses acquis vont soit dans l’enseignement professionnel, soit vers la 2GT en testant l’option adaptée. Dans ce cas ils pourront changer d’avis après).Il faut prendre en compte les aspects désastreux, conséquence de l’orientation par défaut.

–          Prendre en compte que, qu’ils aient 16 ans ou 25 ans, 60% des jeunes ne prennent leur décision d’orientation que lorsqu’ils sont obligés, lorsqu’ils sont  devant un seuil et ceci quel que soit le travail de sensibilisation (indispensable par ailleurs) réalisé. Pour cette raison, il est totalement illusoire de retarder l’orientation. Surtout quand la solution consiste à avoir une vraie réflexion qu’entre le deuxième et troisième trimestre de l’année charnière.  La meilleure solution est de forcer à faire un choix de ce qui déplaît moins relativement tôt et autoriser à en changer. Pour des raisons évidentes budgétaires, il faut mieux faire ses tâtonnements au lycée (quasi-gratuit), plutôt qu’en université qui demande de payer un logement.  (que soit la collectivité et les parents le logement interviennent dans le coût des études).

–          70% des élèves ont besoin de s’impliquer dans le choix (en le testant) pour savoir si cela lui convient. Les présentations « vitrines » qui expliquent de manière théorique les métiers par des gens qui ont une méconnaissance du monde professionnel inquiétante sont totalement illusoires. Faire de manière superficiellement, un peu de tout sous la contrainte n’aide en aucun cas à faire un vrai choix : Il faut tester en s’impliquant.

Tout cela pour montrer que la solution de M. Benoist Apparu qui consiste en fin première à trier les élèves entre une 1ère technologique indifférenciée et une 1ère générale indifférenciée va créer une dévalorisation des baccalauréats technologique. Vu que le domaine de métier n’est pas choisi, le seul critère ressenti sera les bons en 1ière générale et les mauvais en 1ère technologique.  L’orientation positive est je veux aller vers un domaine. Par exemple dans les métiers industriels, il y a des possibilités entre STI et S, je pourrais faire soit l’IUT trucmuche, soit le BTS truc, soit l’université, soit les prépas, en fonction des chances de réussir j’établi ma meilleure stratégie.

Par ailleurs, nous savons que faire faire les mêmes maths à tous en 2nGT pose des problèmes à cause des différences de niveau. Tous ceux qui ont fait un conseil de classe de 2ndGT savent que c’est utopique de faire une première indifférenciée à cause des écarts entre l’appétence des différentes matières.

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