Le site de Viviane Micaud

Un décryptage des grands sujets de société pour ceux qui veulent agir

Pourquoi Chatel a l’obligation de faire évoluer sa première S

Publié par Viviane Micaud le 2 janvier 2011

  Le lycée de Chatel a été construit sur des erreurs d’analyse.

- En imposant un tronc commun en 1ière générale, il serait plus facile pour les élèves de changer de sections: FAUX. Il ne sera ni plus ni moins facile de changer de section durant et après la première générale. Le passage de S ou ES à L est aujourd’hui tout à fait possible pour les élèves ayant un bon niveau dans les matières littéraires. Le passage vers ES sera pas plus et pas moins possible à condition que l’élève s’engage à récupérer les fondamentaux d’économie pendant les vacances. Le passage S sera tout aussi impossible.

- Les déséquilibres entre les filières proviendrait d’une réputation de prestige de la S: FAUX. Les élèves vont en S car c’est de fait une filière généraliste qui permet toutes les possibilités post bac. (25% des élèves en prépa littéraire ont un bac S!). Contrairement à ce qu’affirme Chatel, la filière S a été rendu plus généraliste dans le nouveau lycée. La 1ère S contient 8 heures dédiés à “la préparation des études littéraires” et seulement 10 heures de Sciences. Conclusion, la filière littéraire va continuer à se vider de ses élèves.

Il y a un vrai problème dans l’organisation des sciences dans le lycée voulue par Chatel, et l’enjeu est la réussite des élèves et l’avenir économique de la France.
Les conséquences sont:
- la mise en souffrance des élèves bons en sciences mais ayant du mal à rédiger suivant les codes de rédaction artificielles des littéraires (ce qui n’a rien à voir avec l’orthographe). 5% des élèves qui réussissent via la S aujourd’hui sont concernés,
- une impossiblité pour les élèves de tester leur goût et leur capacité à respecter la rigueur scientifique, qui va conduire à des autocensures de ceux qui pourraient mais qui sont piègés dans les représentations sociales des métiers et  des échecs de ceux qui sont dans des filières pour lesquelles ils n’ont pas les acquis pour réussir.
- la ruine économique de la France à terme de la France qui n’aura pas les moyens de gérer les changements qui s’annoncent dans les quarante ans à venir par manque de techniciens d’ingénieurs et de scientifiques.

Voir le texte approuvé par beaucoup d’organisations et de personalités du monde scientifique. http://prepas.org/communication/lafranceabesoindescientifiques/

Chatel n’a pas le choix :
- il doit sortir la S du tronc commun aux filières L et ES.
- il doit faire un moratoire sur les programmes de sciences et s’appuyer l’année prochaine sur les mêmes programmes que les années précédentes un peu simplifiés.
- il doit réintégrer les TP dans les cours de sciences (qui sont indispensables à des apprentissages des fondamentaux des sciences).

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Une nouvelle version du document sur la réforme du lycée selon Darcos

Publié par Viviane Micaud le 2 janvier 2011

J’ai relu ce document principalement écrit entre août 2008 et janvier 2009. La nouvelle version se trouve ici. Cliquer ici pour télécharger

A l’époque, un réflexe citoyen m’avait envahie. Il s’agissait de sauver le lycée français en prouvant les conséquences graves pour l’avenir de notre formation des grands principes énoncés en juin, basés sur un faux consensus entre divers groupes de pression (syndicats, vendeurs de solutions pédagogiques, apprentis-politiciens, etc.). En effet, ces grands principes étaient déconnectés de la réalité des jeunes et des besoins d’enseignement. Il est vrai que je me suis alarmée pour rien. La réforme Darcos a dû être abandonnée car elle était inorganisable. Il avait juste oublié que le lycée avait des murs et des salles de classes qui génèrent des contraintes d’organisation.

 Aujourd’hui, concernée par la destruction programmée de la formation scientifique, j’ai eu besoin de revoir ce texte qui date maintenant de deux ans.  Je suis très concernée par les choix concernant la nouvelle filière S. En effet, dans le lycée voulu par Chatel, j’aurais été en échec scolaire comme mon deuxième fils aujourd’hui dans une école d’ingénieurs de bon niveau et comme très certainement la moitié des petits-enfants à venir.

 Il s’agit de faire le point :
- sur l’évolution des croyances par rapport à celles que j’ai dénoncées,
- sur l’évolution de ma propre analyse et les erreurs que j’ai faites,
- sur ce qu’il faudrait faire changer pour un faire un document pertinent qui pourrait permettre à toutes les personnes de bonnes volontés de comprendre quel est la problématique du lycée et où sont les leviers pour faire évoluer le lycée d’évoluer dans l’intérêt des lycéens.

Beaucoup des idées reçues sont heureusement tombées.
- La théorie du « miracle de la seconde de détermination » a été totalement abandonnée. Il est admis que l’orientation se fait dans la durée. Le maître-mot à l’éducation nationale est « PDMF » (Parcours de Découverte des Formations et des Métiers). Ce parcours commence en 5ème et dure toute la scolarité. Les moyens sur cette orientation sont inadaptés mais la volonté est réelle
- La théorie de la réussite par suppression des contraintes n’est plus à la mode. On sait que les cours de soutien sont efficaces pour des faiblesses dans une matière, mais pas pour des lacunes généralisées dans toutes les matières.
- Il est maintenant admis que les jeunes vont vers la filière scientifique non pas à cause d’une prétendue réputation d’excellence mais parce qu’elle permet d’attendre deux ans pour choisir son orientation. En effet, elle a des exigences sur les bases littéraires équivalentes à la L et toutes les formations littéraires sont possibles après la filière scientifique. Le contraire n’est pas vrai.
- Le lycée finlandais n’est plus cité en exemple. Il est maintenant su que ce lycée n’a pratiquement aucune des qualités autrefois vantées dans la presse grand public, ni suppression du redoublement, ni bac unique. D’ailleurs le test PISA où la Finlande brille s’adresse aux jeunes de 15 ans donc avant qu’ils aient mis les pieds dans le lycée,
- Les causes du déterminisme social sont mieux connues. Le rôle fondamental de l’autocensure due à des représentations fausses des règles de réussite de la société est maintenant reconnu.

Toutefois, un nombre trop important d’idées reçues décrites sont encore partagées dans la société.

Les principes énoncés dans le document sont toujours d’actualités à l’exception de ce que j’avais écris sur l’articulation entre la SVT et la Physique et les Mathématiques. J’ai fait le choix de rédiger les paragraphes qui abordaient ce sujet. Il convient d’éviter tout ce qui entraînerait une hiérarchie entre les matières scientifiques.

Pour ce qui est du reste, les propositions concernant les évolutions possibles de la filière S en annexe I me semblent assez maladroites. En effet, elles prêtent à la critique bien que n’étant pas inexactes. Il y a une nécessité de faire connaître à quoi servent la science et la technologie aux élèves et de faire connaître les métiers qui sont liés. Les élèves n’ont en généralement jamais entendu parler de la plupart de ces métiers ou ils ne les connaissent qu’à travers les idées reçues de la société. Toutefois, la science a besoin de bases qui s’apprennent de manière structurée et d’une démarche de validation rigoureuse, ce que certains réformistes, du courant que j’appelle paléomoderniste, ayant vent en poupe à l’Education Nationale ont tendance à oublier. Il faut rédiger tout ce qui concerne les contenus des différentes filières en prenant en compte les argumentaires de ces gens-là. Cela n’a pas été fait. L’accusation d’élitisme pour balayer d’un revers de main toute l’argumentation serait facile.

Pour sa diffusion, je juge le document trop long et pas assez ciblé sur les aspects de l’éducation où aujourd’hui il faudrait porter aujourd’hui porter notre effort :
- que ce soit pour les élèves en grandes difficultés scolaires,
- que ce soit pour la majorité des élèves proches de la « norme »,
- que ce soit pour faire connaître les sciences aux élèves et faire prendre confiance aux élèves pendant les « années lycée » en ses aptitudes à réussir la grande variété des formations qui en découlent,
- que ce soit pour les élèves « à potentiel » qui ne sont pas issus d’un milieu très favorisé.

Il reste toutefois une clarification des finalités du lycée,  une éloquente démonstration de l’amateurisme de Darcos dans la prise en charge de la réforme et une analyse pointue des idées reçues de l’orientation et de ce qui peut être réellement fait pour l’améliorer.

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La réforme du lycée de Luc Chatel : Une vraie réflexion, une avancée et des dysfonctionnements annoncés (2- les dysfonctionnements annoncés)

Publié par Viviane Micaud le 8 février 2010

 La réforme du lycée est une problématique complexe avec de nombreux groupes de pressions qui ont des enjeux (de pouvoir ou de fonds de commerce).  Luc Chatel avait comme contrainte de diminuer le nombre d’enseignants.

Ma conclusion est qu’il a eu une vraie réflexion pour cette réforme et des choix stratégiques qu’il convient de décoder. Cette réforme sur un principe révolutionnaire pour l’Education Nationale que je soutiens parfaitement : il donne au “conseil pédagogique” de chaque établissement, la mission de déterminer le soutien adapté pour faire réussir les élèves. Pour cela deux heures sont réservées sur l’emploi du temps des élèves ainsi qu’un volant appréciable d’heures d’enseignants. Le conseil pédagogique est constitué de représentants des enseignants et de la direction de l’école. Avant Chatel, l’Education Nationale était spécialiste pour imposer des “méthodes miracles”, en réalité efficaces uniquement dans des contextes très particuliers et chronophages, puis de communiquer que si l’Education Nationale était si inefficace c’était à cause des  enseignants qui ne mettaient pas assez de diligence à appliquer ces pseudo-géniales solutions. C’est une avancée que je salue, car elle est fondamentale.

Toutefois, Chatel a fait des erreurs d’analyse graves qui font que si sa réforme est appliquée en l’état, elle va conduire à une catastrophe. Ces dysfonctionnements et les erreurs analyses font l’objet de cet article. Ces dysfonctionnements sont prouvables : ils portent sur de l’augmentation de la dévalorisation de ceux qui n’ont pas les acquis pour suivre les filières générales du lycée, la destruction du bac L qui aura encore moins d’élèves et la ruine de l’économie française qui n’aura pas les moyens de gérer les changements sans précédent qui s’annoncent.

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Des solutions pour diminuer les discriminations lors de l’accès aux grandes écoles

Publié par Viviane Micaud le 7 janvier 2010

L’accusation contre les grandes écoles de vouloir reproduire ses élites est mauvais procès. Depuis des années, certaines très grandes écoles (je pense à une école d’ingénieur) font des recrutements parallèles aux concours. Depuis près d’une dizaine d’années, la conférence des grandes écoles réfléchit et agit pour lutter contre les discriminations sociales. En particulier, elle soutient les actions de tutorat des étudiants en grandes écoles vers les quartiers défavorisés. D’après une étude non publiée,  il semblerait que les biais dus aux épreuves des écoles d’ingénieures existent uniquement sur l’épreuve d’anglais, plus particulièrement sur l’oral d’anglais. L’épreuve de philosophie repose sur un programme très cadré pour lequel la culture générale n’influerait pas. S’il est hors de question de déroger sur le niveau à l’entrée, la réflexion sur les biais discriminants et la recherche de solutions sont réelles et sincères.

Voici quelques vraies pistes pour lutter contre les discriminations.

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Les dessous des compagnes de propagande autour des grandes écoles

Publié par Viviane Micaud le 6 janvier 2010

La notion de Grandes Ecoles a un grand pouvoir émotionnel, aussi en habile propagandiste, le gouvernement l’utilise. Pour cela, il ne craint pas de faire des amalgames et des simplifications de communication, qui sont plutôt contre-productives.

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